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L’Âme Bretonne — 4 et 5 juillet 2026, Quimper

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Le Repas pendant la Grande Troménie
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Lot 651

Le Repas pendant la Grande Troménie

Résultat : 80 000 €

Prix d’adjudication hors frais.

L’Âme Bretonne 4-5 juillet 2026 — Quimper

MEHEUT Mathurin (1882 – 1958) : « Le Repas pendant la Grande Troménie ». Caséine sur toile. Signée des initiales et datée 48. (Marouflage, très bel état). Dim. hors cadre : 150 x 150 cm. Dim. avec cadre : 170 x 181 cm.

PROVENANCE : Ancienne collection Robert HENRIOT, Co-directeur de la Manufacture de faïence de Quimper. Commande réalisée pour sa maison de maître de la rue Vis à Quimper

BIBLIOGRAPHIE : Julien Hennote, Gilles Baratte, Virginie Bregeon, Mathurin Méheut, contempler et cuisiner la mer, 2024, illustré.

Nous sommes en 1948. Mathurin Méheut a soixante-six ans et se trouve au sommet de sa renommée. Il vient tout juste d’achever, avec l’aide de Yvonne Jean-Haffen, un important cycle décoratif pour l’Institut de géologie de Rennes.

À cette époque, il reçoit une commande majeure de la famille Henriot. Pour cette œuvre, Méheut choisit un thème qui lui est particulièrement cher : la Troménie de Locronan. Il y représente une halte au cours de la procession. Dans cette composition de grand format, le sujet apparaît rapidement comme un prétexte, tant l’artiste nous offre bien davantage qu’une simple scène de repas. Les costumes du pays glazik côtoient ceux de Plougastel-Daoulas ; au loin surgissent les coiffes bigoudènes, tandis que les marins de Brest se mêlent au cortège. Dans cet immédiat après-guerre, c’est l’idée d’unité et de célébration collective qui semble primer.

Au premier plan, les robes des femmes paraissent se confondre avec les rochers en granit, comme si l’artiste voulait suggérer qu’elles constituent le socle même de la Bretagne. Le regard est ensuite entraîné, dans un vaste mouvement tourbillonnant, montant vers les sonneurs, véritables maîtres du rythme de l’œuvre.

À l’arrière-plan, à gauche, apparaît le Menez Hom, sommet mythique des Montagnes Noires associé aux anciennes croyances celtiques ; à droite, lui répondent les coiffes bigoudènes qui ferment la composition. En bas à droite, tout près de la signature, comme pour la prolonger, on reconnaît les bolées à cidre du « Service de la mer », créé par Méheut vingt-cinq ans plus tôt pour la manufacture Henriot. Cette référence personnelle est suffisamment rare dans l’œuvre de l’artiste pour qu’on puisse y voir moins un effet de style qu’un discret et habile clin d’œil au commanditaire.

Exceptionnelle par ses dimensions, son exécution, la fraîcheur de ses couleurs et sa provenance prestigieuse, ce repas après le pardon compte parmi les œuvres majeures de Mathurin Méheut dans l’après-guerre, et apparaît comme un véritable hymne à la Bretagne.